Espèces des Papilionidés du Québec

Sur cette page du guide sont représentées les différentes Espèces des Papilionidés du Québec.

Les Papilionidés sont les grand papillons de jour principalement jaunes et noirs qui impressionnent par leur vol acrobatique et leur grande taille. La plupart de ces papillons sont tropicaux, mais l’on retrouve quelques espèces de cette famille sous nos latitudes. On les appelle parfois les porte-queue puisqu’ils ont une ou plusieurs queues sur les ailes postérieures. Les chenilles sont très caractéristiques avec leur grosse tête munie d’un organe extensible fourchu, appelé osmeterium, qui sert à la protection contre les prédateurs. Les chrysalides sont aussi faciles à reconnaître, puisqu’elles sont positionnées à la verticale le long d’une branche. Lorsque le temps est venu, la chenille s’attache du bout de l’abdomen sur une branche et s’attache d’une ceinture de soie.

Papillon queue-courte

Papilio polyxenes asterius Papillon du céleri

Le Papillon du céleri se retrouve en milieu agricole et urbain puisqu'il se nourrit de végétaux cultivés dans les potagers. Son vol puissant et rapide lui permet de ne pas se faire approcher facilement. Ce grand papillon noir passe rarement inaperçu. Ces deux individus ont été capturés dans un champs abandonné en milieu urbain.

Mâle
Québec, QC
Femelle
Québec, QC
Répartition
Taille80 à 110 mm.
IdentificationGrand papillon noir avec des taches jaunes le long de la marge externe des ailes et une projection sur l’aile postérieure formant une queue. Chez le mâle, les taches jaunes sont grandes et forment deux bandes sur les ailes. Les bandes des ailes postérieures sont de part et d’autre d’une série de zones bleues discrètes. Chez la femelle, le jaune se limite à des séries de petits points et les zones bleues de l’aile postérieure sont beaucoup plus étendues et que celles du mâle. Chez les deux sexes, une ocelle orangée avec un centre noir est présente sur la marge interne de l’aile postérieure, à la base de la projection en queue. On distingue le mâle Papillon du céleri du Papillon queue-courte par sa bande jaune de l’aile postérieure qui déborde largement sur la cellule centrale de l’aile, par la projection en queue qui est plus longue et par ses ailes plus pointues.
HabitatMilieux ouverts, milieux agricoles et milieux urbains.
AbondanceCommun.
Cycle de vieDeux générations par année. Les adultes sont actifs de jour et on les observe souvent à butiner aux fleurs. Les oeufs sont pondus sur la plante hôte et les chenilles se développent en mangeant le feuillage. À la fin de leur développement, elles forment une chrysalide en position verticale sur une branche, attachée par un mince fil de soie. Les chrysalides de la deuxième génération passeront l’hiver avant l’émergence de l’adulte au printemps suivant.
AlimentationL’adulte butine le nectar des fleurs. La chenille s’alimente du feuillage de différentes espèces de végétaux de la famille des Apiacées, comme la Carotte sauvage (Daucus carota) et le Céleri (Apium graveolens).

Papilio brevicauda Papillon queue-courte

On retrouve le Papillon queue-courte dans les marais salés au bord de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent ainsi que sur certains sommets de montagnes. Il est plus rarement observé que le Papillon du céleri puisqu’on ne le retrouve généralement pas en milieu urbain. Il est parfaitement adapté aux habitats constamment soumis aux forces de la nature. Son vol puissant lui permet de voler même par fort vent. Ces deux spécimens de la sous-espèce nominale Papilio brevicauda brevicauda ont été récoltés dans les marais salés de Les Bergeronnes.

Mâle
Les Bergeronnes, QC
Femelle
Les Bergeronnes, QC
Répartition
Taille57 à 73 mm.
IdentificationPapillon noir avec des taches jaunes le long de la marge externe des ailes formant deux bandes. Une projection sur l’aile postérieure forme une courte queue. Les bandes des ailes postérieures sont de part et d’autre d’une série de zones bleues. Une ocelle orangée avec un centre noir est présente sur la marge interne de l’aile postérieure, à la base de la projection en queue. Les deux sexes sont similaires. On distingue le Papillon queue-courte du mâle Papillon du céleri par sa bande jaune de l’aile postérieure qui ne déborde pas ou peu sur la cellule centrale de l’aile, par la projection en queue qui est plus courte et ses ailes plus arrondies.
HabitatMarais salés, rivages rocheux et sommets de montagnes.
AbondancePeu commun et localisé.
Cycle de vieLes adultes sont actifs de jour et on les observe parfois à butiner aux fleurs des marais salés ou à lutter contre le vent dans les milieux côtiers. Les oeufs sont pondus sur la plante hôte et les chenilles se développent en mangeant le feuillage. À la fin de leur développement, elles forment une chrysalide en position verticale sur une branche, attachée par un mince fil de soie. Les chrysalides de la deuxième génération passeront l’hiver avant l’émergence de l’adulte au printemps suivant.
AlimentationL’adulte butine le nectar des fleurs. La chenille s’alimente du feuillage des Berces (Heracleum), de l’Angélique noire pourpre (Angelica atropurpurea) et de la Livêche d’Écosse (Ligusticum scoticum).


Le Papillon queue-courte est séparé en trois sous-espèces qui sont présentes au Québec. La sous-espèce nominale (Papilio brevicauda brevicauda) se retrouve sur la Côte-Nord, sur la rive nord du Fjord du Saguenay et sur l’Île d’Anticosti. La sous-espèce de Gaspésie (Papilio brevicauda gaspeensis) se retrouve du Bas-Saint-Laurent jusqu’en Gaspésie. Celle de l'Île du Cap-Breton (Papilio brevicauda bretonensis) se retrouvent uniquement aux Îles de la Madeleine en territoire québécois. On distingue principalement les sous-espèces par la localité de capture des spécimens, mais les sous-espèces présentent de légères variations de couleur et de forme.

Répartition
Sous-espèce nominale
Répartition
Sous-espèce de Gaspésie
Répartition
Sous-espèce de l'Île du Cap-Breton

Papilio cresphontes Grand Porte-queue

Le Grand Porte-queue est une espèce nouvellement établie au Québec. Elle suit la progression de ses plantes-hôtes qui s'étendent vers le nord au rythme du réchauffement climatique. Il profite aussi des végétaux plantés dans les jardins. C’est le plus grand papillon diurne du Canada. L'espèce est maintenant bien présente dans plusieurs localités dans l'extrême sud du Québec jusqu'à la région de Montréal. Ces deux spécimens ont été récoltés sous forme de chenille par Alexis Roy dans un arbuste de Frêne épineux à Hemmingford.

Mâle
Hemmingford, QC
Femelle
Hemmingford, QC
Répartition
Taille80 à 120 mm.
IdentificationTrès grand papillon noir avec une bordure jaune le long de la marge des ailes et une grosse bande jaune qui traverse les ailes en diagonale. Une projection sur l’aile postérieure forme une longue queue avec un centre jaune. Une ocelle orangée est présente sur la marge interne de l’aile postérieure, à la base de la projection en queue. Les deux sexes sont similaires.
HabitatMilieux ouverts et milieux urbains.
AbondanceRare et très localisé.
Cycle de vieLes adultes sont actifs de jour et on les observe à butiner aux fleurs en faisant vibrer leurs ailes constamment. C’est un grand voyageur qui peut voyager sur de grandes distances. Les oeufs sont pondus sur la plante hôte et les chenilles se développent en mangeant le feuillage. À la fin de leur développement, elles forment une chrysalide en position verticale sur une branche, attachée par un mince fil de soie. Les chrysalides passeront l’hiver avant l’émergence de l’adulte au printemps suivant.
AlimentationL’adulte butine le nectar des fleurs. La chenille s’alimente du feuillage du Frêne épineux (Zanthoxylum americanum) et de l’Orme de Samarie (Ptelea trifoliata).

Papilio canadensis Papillon tigré du Canada

Le Papillon tigré du Canada est le représentant le plus commun de sa famille au Québec. Ces grands papillons jaunes et noirs sont difficile à manquer lorsqu’ils se baladent au soleil de fleur en fleur. On le retrouve dans plusieurs habitats dont les villes et les banlieues et on l'observe parfois en grands groupes s'abreuvant à la surface des mares de boue. Il fréquente régulièrement les fleurs cultivées dans nos jardins donc on peut facilement l’observer de chez soi. Il semble particulièrement être attiré par les fleurs de lilas.

Mâle
Les Bergeronnes, QC
Femelle
Québec, QC
Répartition
Taille67 à 80 mm.
IdentificationGrand papillon aux rayures jaunes et noires avec une projection sur l’aile postérieure formant une queue. Les ailes postérieures sont bordées de zones bleues et ont une ocelle orangée sur la marge interne à la base de la projection en queue. Les deux sexes sont semblables. Il existe des cas extrêmement rares de mélanisme partiel où les individus peuvent être majoritairement noirs. Il existe également des cas d’individu qui sont beaucoup plus petits que la normale. On distingue le Papillon tigré du Canada au Papillon tigré de l’Est par sa plus petite taille et par la marge interne grise des ailes postérieure qui est plus large.
HabitatForêts de conifères, forêts de feuillus, forêts mixtes, bordures de boisés.
AbondanceTrès commun.
Cycle de vieUne seule génération par année. Les adultes émergent au printemps et sont actifs de jour. On les observe souvent à butiner les fleurs et à s’abreuver aux flaques de boue. Les oeufs sont pondus sur la plante hôte et les chenilles se développent en mangeant le feuillage. Les chenilles tissent des tapis de soie sous les feuilles pour leur fournir une texture rugueuse pour s’y reposer. À la fin de leur développement, elles forment une chrysalide en position verticale sur une branche, attachée par un mince fil de soie. Les chrysalides passeront l’hiver avant l’émergence de l’adulte au printemps suivant.
AlimentationL’adulte butine le nectar des fleurs et l’eau boueuse. La chenille s’alimente du feuillage des bouleaux (Betula), des peupliers (Populus), des saules (Salix), des frênes (Fraxinus) et des cerisiers (Prunus).

Papilio glaucus Papillon tigré de l'Est

Le Papillon tigré de l'Est n'a pas encore été observé au Québec, mais fréquente les régions voisines et s'aventure probablement près de la frontière. L'espèce est difficilement distinguable du Papillon tigré du Canada, ce qui ne simplifie pas la recherche d’une mention confirmée de l’espèce. Ce n'est toutefois qu'une question de temps avant qu'un individu soit observé dans nos frontières. L’observation d’une femelle de forme noire confirmerait hors de tout doute que cette espèce peut vagabonder jusqu’ici. Il existe des cas d’hybridation entre le Papillon tigré de l’Est et le Papillon tigré du Canada dans certaines régions où les aires de répartition de superposent. Ces deux spécimens ont été récoltés par Jay Timberlake dans l'état d'Indiana aux États-Unis.

Mâle
Corydon, IN
Femelle
Marengo, IN
Répartition
Taille75 à 100 mm.
IdentificationTrès grand papillon aux rayures jaunes et noires avec une projection sur l’aile postérieure formant une queue. Les ailes postérieures sont bordées de zones bleues et ont une ocelle orangée sur la marge interne à la base de la projection en queue. La femelle a deux formes, la forme jaune qui est similaire au mâle et une forme noire. Les femelles de forme noire n’ont presque pas de jaune, et de grandes zones bleues sur les ailes postérieures. Les mâles et les femelles de forme jaune sont similaires au Papillon tigré du Canada. On distingue le Papillon tigré de l’Est du Papillon tigré du Canada par sa plus grande taille et par la marge interne grise des ailes postérieure qui est plus étroite. La forme noire de la femelle est unique à cette espèce.
HabitatForêts de feuillus, bordures de boisés et milieux urbains.
AbondanceAbsent, jusqu’à preuve du contraire.
Cycle de vieContrairement au Papillon tigré du Canada, l’espèce complète deux générations par année. Les adultes sont actifs de jour et on les observe à butiner les fleurs et à s’abreuver aux flaques de boue. Les oeufs sont pondus sur la plante hôte et les chenilles se développent en mangeant le feuillage. Les chenilles tissent des tapis de soie sous les feuilles pour leur fournir une texture rugueuse pour s’y reposer. À la fin de leur développement, elles forment une chrysalide en position verticale sur une branche, attachée par un mince fil de soie. Les chrysalides de deuxième génération passeront l’hiver avant l’émergence de l’adulte au printemps suivant.
AlimentationL’adulte butine le nectar des fleurs et l’eau boueuse. La chenille s’alimente du feuillage de Tulipier de Viriginie (Liriodendron tulipifera), d’Orme de Samarie (Ptelea trifoliata), des frênes (Fraxinus) et des cerisiers (Prunus).